A5S24 : les enjeux d’un scrutin déterminant

Le 12 décembre 2020, la FFBaD verra l’élection de ses nouveaux dirigeants. Le mandat s’achèvera en 2024 après les Jeux de Paris. Quoi qu’on puisse en penser, ces élections fédérales impacteront l’ensemble des 190.000 badistes licenciés à travers les projets qui seront portés. Pour autant, cela suffit-il à susciter l’intérêt de tous les badistes ? Nous présentons dans la suite les grands enjeux (à nos yeux) de l’olympiade à venir : fédérer la communauté, Paris 2024, le bad-santé, les modèles économiques des structures et l’image du badminton.

#1 : fédérer

Partager une passion ne suffit pas à faire communauté. Les exemples de désaffection envers la FFBaD sont nombreux :

  • Chez les « non-compétiteurs », l’intérêt de la licence est sans cesse questionné. L’absence de réponses concrètes et partagées alimente la désaffiliation
  • Chez les « compétiteurs », chaque décision mal expliquée entraîne des contestations. Ce fut le cas pour la participation fédérale de 2€ sur les tournois privés ou encore pour la saison blanche imposée à tous les échelons territoriaux
  • Chez les organes déconcentrés, qui parfois ne trouvent pas leur place dans la structure fédérale

Pour éviter une défiance des badistes vis-à-vis du scrutin fédéral (comme les citoyens peuvent en témoigner vis-à-vis des élections territoriales), il faut réduire la distance entre les licenciés et la FFDaD.

L’enjeu majeur de la mandature tiendra donc à fédérer l’ensemble des acteurs du badminton. A la fois les personnes morales (clubs affiliés, comités, ligues) et les personnes physiques (licenciés). Fédérer, c’est :

  • Rassembler autour d’une vision commune
  • Faire la pédagogie des enjeux et des décisions
  • Créer un espace de dialogue où chacun peut contribuer
  • Clarifier la répartition des compétences
  • Former à la diversité des actions dans une communauté de bénévoles et de professionnels

Pour fédérer, il faut fidéliser. Pour fidéliser, il faut impliquer. Pour impliquer, il faut concerter, valoriser, écouter. Dans cette optique, les comités départementaux jouent un rôle stratégique, au plus proche des territoires. Le développement des clubs, raison d’être de la FFBaD, nécessite un accompagnement éclairé par les comités. Le rassemblement de la grande famille du badminton, clubs affiliés et non affiliés, passe par l’action des comités. Et donc par une professionnalisation de ces structures, éventuellement en mutualisant.

#2 : Paris 2024

Le gouvernement a fixé des objectifs pour les Jeux de 2024 en matière de performance (80 médailles) et de sport pour tous (3 millions de sportifs réguliers en plus). Mais pour la FFBaD, que voudra dire « réussir 2024 » ?

  • La performance sportive passera tout d’abord par le nombre de badistes présents aux Jeux Olympiques (idéalement avec des représentants dans les 5 disciplines, contre 3 vraisemblablement pour Tokyo) et aux Jeux Paralympiques (dans toutes les disciplines). Avec des ambitions de médailles légitimes en ParaBad, plus mesurées en Bad. Les champions de 2024 sont déjà à l’œuvre en 2020. Le rôle de la structure fédérale consistera donc essentiellement à les mettre en confiance (mentalement, socialement, financièrement, sportivement). Une confiance envers l’institution fédérale mais aussi envers les cadres qui la composent.
  • La performance sociale est aussi importante. Un héritage réussi des Jeux se traduira par une place accrue du badminton dans la société. En premier lieu, ce sera conforter la place du bad à l’école et à l’université. Ce sera également renforcer la reconnaissance de la FFBaD en matière d’éco-responsabilité et d’universalité de la pratique. Le badminton présente des atouts indéniables pour devenir un acteur majeur des politiques publiques. Que ce soit au niveau national (FFBaD) ou territorial (clubs). Les Jeux offrent une opportunité unique de démontrer l’impact sociétal fort de notre sport. Ce plan d’animation devra être global sur tout le territoire.

La visibilité de notre sport avant et pendant ces Jeux conditionnera « l’après 2024 » pour le badminton. Que ce soit en matière de soutiens financiers (publics et privés) mais aussi d’accès aux infrastructures.

#3 : santé et bien-être

De nombreuses études tendent à montrer que les français voient avant tout dans la pratique sportive un levier pour se maintenir en bonne santé [1]. On parle ici de « bien-être physique, mental et social » [2]. De même, les chiffres de la sédentarité des jeunes sont alarmants. Le bad-santé donc un enjeu crucial pour l’avenir de notre sport.

Le badminton y contribue déjà, des travaux sur la motricité chez les tout petits au prolongement de l’autonomie chez les personnes âgées. Mais il faut en faire un pilier des projets associatifs des clubs.

Trois opportunités se présentent :

  • La loi « sport sur ordonnance » de 2016 (appuyée par le médicosport-santé du CNOSF), qui permet l’épanouissement de patients grâce à des activités adaptées
  • L’avènement des maisons sport-santé, qui offrent des accompagnements personnalisés pour la pratique
  • Le sport en entreprise, qui s’impose de plus en plus comme un outil de bien-être et d’attachement des salariés

Mais pour aller sur ces terrains-là, les clubs et leurs salariés ont besoin d’outils et d’accompagnement. Ce sont des perspectives fortes en matière de nouveaux publics et de ressources financières. Mais pour lesquelles il faut être efficaces et préparés.

#4 : de nouveaux modèles économiques

Le modèle économique de la FFBaD repose sur le produit des licences (plus de 60% de son budget). Cela la rend résilient face à la baisse des dotations publiques mais pas face à une baisse du nombre de licenciés. Côté clubs, les subventions publiques occupent une part importante des volets économiques.

Pour pérenniser les projets associatifs et les emplois associés, il devient nécessaire de faire évoluer ces modèles. Les aspects sociétaux (éducation, santé, bien-être, social, …) ouvrent de nouvelles perspectives d’actions et de partenaires. Notamment en ce qui concerne des champs prioritaires dans la société. C’est en faisant évoluer la place du club sur son territoire que l’on diversifiera les ressources.

L’argent peut provenir de l’Etat, de l’Europe, des entreprises privées et des associations, des collectivités et des citoyens. Mais il ne faudra pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La crise ne va pas faciliter l’investissement dans le sport, sauf à le rendre indispensable.

#5 : l’image du badminton

L’avenir des associations affiliées à la FFBaD passe en grande partie par une image institutionnelle forte du badminton. Cela comprend une représentation dans les instances sportives nationales et internationales. Notre capacité à peser dans le débat reposera sur une vision ambitieuse et partagée, mais aussi sur nos réseaux.

De loisir de plage, le badminton est devenu un sport olympique et paralympique. Un sport complet qui va de la pratique ludique à la haute performance. Ainsi qu’un sport plébiscité dans le monde scolaire. Mais qui doit encore faire ses preuves avant de devenir un sport incontournable des politiques territoriales au service de tous les publics.

La marque « FFBaD » se développera autant par la performance sportive que par la performance sociale du badminton. La contribution de notre communauté aux enjeux sociétaux est un atout majeur dans la perspective de futurs partenariats dans des secteurs jusqu’ici inexplorés.

La crise sanitaire a obscurci les horizons du monde sportif. Pour négocier ce tournant, il faut anticiper, innover, s’adapter. Autant pour la structure fédérale que pour les clubs. La résilience passera par de nouvelles ambitions que le « lobby » fédéral doit servir. La stratégie AirBadminton en relève.

La culture du badminton, auprès des licenciés et des décideurs, est encore à construire.

Répondre à ces enjeux est bien évidemment au cœur de la démarche TOUS Badminton. Tenir compte de l’évolution du contexte sportif et institutionnel en France. Mais aussi des mutations de la société. Notre communauté est riche de clubs et d’avis complémentaires. Favorisons l’intelligence collective pour permettre l’épanouissement de tous, l’emploi, la performance et la recherche de nouveaux horizons. Alors remettons l’humain au cœur de notre fonctionnement.

[1] « Les français et le sport : état des lieux des pratiques », Harris Interactive, 2017. « La filière sport prend ses marques », BPCE, 2020.

[2] Stéphane Diagana, https://www.mutualite.fr/actualites/sport-sante-il-faut-muscler-la-preuve-medico-economique/

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