A5S20 : la pratique en extérieur, perspectives et précautions

Sortie de confinement. 2 mois de privation d’interactions sociales voire de dépenses physiques. D’où une attente très forte des passionné·e·s de badminton de retrouver les gymnases, mais ce n’est pas pour tout de suite. En revanche, retrouver le volant est envisageable. Jeu du volantbad en extérieurAirBadminton, trois expressions pour trois pratiques et trois perspectives différentes.

Comment pratiquer en extérieur ?

Distinguons les trois types de pratique :

  • Jeu du volant
    • Matériel : 1 volant (en plastique ou en plumes), des raquettes de badminton
    • Conditions : pas de vent et un sol plat
    • Objectifs : ressentir le plaisir d’échanger des volants, se dépenser
    • Nombre de participants : sans limite (sauf dans le cas de la distanciation physique)
  • Badminton en extérieur
    • Matériel : 1 volant (en plastique ou en plumes), des raquettes de badminton, 1 filet, 1 terrain tracé de 6.10 m par 13.40 m
    • Conditions : pas de vent et un sol plat
    • Objectifs : ressentir le plaisir d’échanger des volants, se dépenser, compter les points (2 sets gagnants de 21 points)
    • Nombre de participants : 1 contre 1, ou 2 contre 2 (sauf dans le cas de la distanciation physique)
  • AirBadminton
    • Matériel : 1 volant spécifique (AirShuttle), des raquettes de badminton, 1 filet, 1 terrain tracé de 6 m par 16 m (matérialisation des lignes sur sable, gazon ou sur dalles amovibles)
    • Conditions : vent jusqu’à 12 km/h
    • Objectifs : découvrir de nouvelles sensations, se dépenser, compter les points (3 sets gagnants de 11 points)
    • Nombre de participants : 1 contre 1, 2 contre 2 ou 3 contre 3 (sauf dans le cas de la distanciation physique)
    • Détails : https://development.bwfbadminton.com/fr/airbadminton-fr/the-game-fr

Mais finalement, c’est la même chose, non ?

Pour la majorité des passionné·e·s de bad, pratiquer, c’est avant tout taper dans un volant. Et c’est le cas de ces trois pratiques. En raison de la fermeture des gymnases, elles incarnent l’espoir des badistes de pouvoir se défouler. Mais aussi des dirigeant·e·s de club pour renouer le contact et relancer la dynamique dans la perspective de la saison prochaine.

Pourtant, ce sont des réalités très différentes. Si elles participent toutes d’une démarche de santé publique et de divertissement nécessaire, elles répondent à des enjeux distincts pour les associations :

  • Le jeu de volant est un outil d’animation ludique et de promotion (comme le BadTour en Île-de-France) qui peut attirer de futur·e·s pratiquant·e·s
  • Le badminton en extérieur, lorsqu’il est rendu possible par les conditions climatiques, permet une continuité de la pratique et la mise en place d’animations en interne au club ou à destination du grand public
  • Le AirBadminton correspond à une diversification des activités d’un club, complémentaires de ses activités traditionnelles

Dans tous les cas, ce sont des outils précieux pour construire et préparer l’avenir, à condition de les utiliser en connaissance de cause.

L’alternative du AirBadminton

Le AirBad est agité aujourd’hui comme LA solution pour les clubs de badminton face à l’impossibilité de pratiquer en intérieur. Pourtant, c’est autant une opportunité qu’une menace.

   Crédits : BWF

Après des années passées à défaire l’image de sport de plage et à se construire une légitimité dans les gymnases, la communauté cherche aujourd’hui à se réapproprier l’extérieur. Il faut donc faire attention au choix des mots face aux institutions et au grand public. Le AirBad, comme le dit la BWF dans sa communication, est une nouvelle discipline à part entière, codifiée :

  • Le volant (sous réserve de disponibilité) n’est pas le même. Les sensations ne sont donc pas les mêmes, au risque de décevoir les attentes : les trajectoires ne sont inévitablement pas identiques
  • Les dimensions du terrain sont différentes
  • Le mode de comptage des points diffère également

Le risque est évidemment : décrédibiliser le badminton en intérieur, par exemple en Outre-Mer. Une collectivité pourrait considérer que, finalement, le bad peut se jouer tel quel en extérieur et que le club local n’a plus besoin de créneaux en gymnase.

D’où la nécessité de positionner le AirBad comme une nouvelle activité ludique, complémentaire et stratégique.

Le club de bad demain, intérieur comme extérieur ?

Lorsque le Fit’Minton® (déposé par la LIFB) est apparu, les badistes ne l’ont pas vraiment perçu « comme du bad ». C’est en effet une activité complémentaire, qui peut permettre d’occuper d’autres espaces et de toucher d’autres publics.

Ainsi, un club peut par exemple tendre vers un nouveau modèle économique avec :

  • Une section badminton “classique” dans le gymnase avec de l’animation, de la compétition, de l’éducation, de la cohésion, …
  • Une section Fit’Minton® dans des salles de danse ou d’autres salles communales
  • Une section AirBadminton sur des espaces en extérieur, fixes ou amovibles

Les 3 sections constituent la même association affiliée à la FFBaD et correspondent à un projet de développement commun. 

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, mais qu’il faut inscrire dans une vision claire et partagée du rôle de chaque pratique.

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