A4S51 : la VAE, ou comment s’ouvrir de nouveaux horizons

Par définition, les bénévoles s’investissent de manière désintéressée. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune retombée positive : les bénévoles créent des liens, développent des compétences,  se construisent de nouveaux horizons, notamment à travers la VAE (validation des acquis de l’expérience). Je me suis lancé dans une VAE fin 2018 et retranscrit en quelques mots l’aventure extraordinaire que cela a été.

Une étape bénéfique dans le parcours

Loin de mon doctorat de mathématiques, l’idée ici était de valoriser mes 15 années de bénévolat dans le sport à travers un diplôme de Master 2 de l’université Paris Sud.

Master STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives),
mention “management du sport”,
parcours “politiques publiques et stratégies des organisations sportives”.

L’idée sous-jacente était d’enrichir mon CV dans la perspective des Jeux de Paris 2024. Après envoi de mon dossier, j’ai été autorisé à m’inscrire en M2 (sans M1 dans ce domaine) sans avoir à suivre aucun cours. La procédure de VAE a alors consisté en la rédaction d’un mémoire et la présentation d’une soutenance.

Le mémoire de VAE doit respecter une structuration spécifique :

  • UN CV
  • Une lettre de motivation
  • Un tableau des équivalences qui détaille les apports de mon expérience bénévole en rapport avec chacun des cours proposés dans la maquette du M2
  • Des dossiers thématiques, succincts et circonstanciés pour justifier du recul du candidat par rapport à son expérience et au champ professionnel concerné

Ce travail d’analyse et de projection s’est effectué sous la direction de Dominique Charrier, sociologue et économiste du sport. Au-delà de la simple collaboration, ce fut une rencontre d’une richesse exceptionnelle grâce aux nombreux parallèles entre nos parcours.

La première étape a consisté à construire le plan du mémoire. Le thème s’est imposé de lui-même : “Le sport comme facteur de résilience des territoires : l’intégration du développement durable dans les projets associatifs sportifs”. La structuration en 3 dossiers fut en revanche plus complexe à définir, notamment l’intégration de mon parcours professionnel.

La VAE : un autre regard sur son passé

Le premier dossier du mémoire concernait mes expériences de dirigeant bénévole aux échelles :

  • communale (11 années de présidence à l’AS Saint-Gratien section badminton)
  • départementale (5 années au sein du comité directeur du comité de badminton du Val d’Oise)
  • régionale (1 année au conseil d’administration de la ligue d’Île-de-France)

L’objectif n’est pas de raconter une histoire chronologiquement mais de mettre en avant les enjeux, les solutions proposées, la structuration nécessaire et les compétences que cela a permis d’acquérir. En retraçant ces 12 années, j’ai pu identifier certains leviers communs à mes différentes activités :

  • L’éducation par le sport et le sens à donner à une école de badminton
  • Les ambitions sportives inhérentes à la pratique d’une discipline olympique et paralympique
  • La valorisation de la pratique féminine pour démontrer l’universalité du badminton
  • La place des engagements sociétaux dans le rayonnement et le développement d’une association

sans oublier les outils indispensables que sont le bénévolat, la professionnalisation et la communication. D’expériences a priori décorrélées, cela donne finalement un tableau cohérent. Ce retour en arrière m’a aussi permis de tenter de comprendre la fin malheureuse de cette belle aventure.

Du passé à l’avenir

Le deuxième dossier concernait mon investissement au niveau national :

  • A la fédération de badminton en tant que responsable de la commission “développement durable et citoyenneté” et que membre du jury du prix du mémoire d’étudiants
  • Au sein du groupe de réflexion “rénovons le sport français”

L’étude de mon positionnement au sein de la FFBaD et des missions que j’y ai assurées depuis 2015 m’a conduit à réaliser une analyse critique. L’analyse a porté autant sur le fonctionnement global de la fédération que sur les enjeux auxquels le sport français doit faire face. Les opportunités de développement sont nombreuses avec la perspective des Jeux de 2024. Aussi nombreuses que les périls qui pèsent sur le badminton compte-tenu des politiques gouvernementales actuelles, des baisses de subvention et des évolutions de comportement.

Cela revient à questionner la raison d’être de la fédération : les valeurs que j’ai tenté de porter pendant 15 ans (parfois mal comprises) ne me semblent pas toujours en phase avec l’orientation actuelle de la FFBaD. Malgré les ambitions affichées, le club et les préoccupations des dirigeants de terrain ne sont pas au centre de la politique fédérale.

Une VAE enrichissante à de multiples égards

Outre l’effet de catharsis qui devenait indispensable suite aux traumatismes passés, cette démarche de VAE m’a permis de donner un sens nouveau à mon engagement. Au-delà du diplôme, c’est le cheminement qui a été très enrichissant. On s’investit parfois au gré des rencontres, des opportunités, des sollicitations sans prendre conscience pleinement de la cohérence du parcours. De plus, se forcer à recenser tout ce qu’on a fait et à comprendre pourquoi on l’a fait est passionnant et bénéfique pour la suite. Et malgré la perspective de Paris 2024, c’est finalement vers la FFBaD que vont se porter mes démarches de reconversion. J’ai lancé une dynamique collective et participative en vue des élections fédérales de novembre 2020.

Pour celles et ceux qui veulent un peu de lecture pour les fêtes (désolé, être “succinct” n’est pas mon fort) :

J’en profite pour remercier chaleureusement tous ceux qui m’ont accompagné à travers mes pérégrinations (parfois à l’insu de leur plein gré).

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