Colloque : « le sport au service de la société, des initiatives inspirantes »

La FFBaD organise, le jeudi 26 octobre 2017, de 10h00 à 17h00, un colloque intitulé « le sport au service de la société, des initiatives inspirantes » à l’attention des bénévoles, éducateurs, acteurs institutionnels et académiques. Le programme est disponible ICI. En voici la philosophie.

Nous sommes nombreux à être tombés dans le sport étant petit. Nous avons poussé un jour la porte d’un gymnase, d’une piscine, d’un stade ou d’un dojo, avec des attentes qui nous étaient propres. Et quelques années plus tard, nous baignons toujours dedans. Nous avons chacun nos raisons d’avoir persévéré, le dépassement de soi, la recherche de la performance, l’amusement, la richesse associative … Il n’y a pas une unique manière de pratiquer le sport, mais autant qu’il y a de pratiquants. C’est cette diversité de pratiques que nous souhaitons mettre en valeur à travers ce colloque, en dépassant le simple cadre sportif.

La place du sport dans la société

Le 13 septembre a rendu son verdict, Paris accueillera de nouveau les Jeux Olympiques, 100 après, et pour la 1ère fois, les Jeux Paralympiques. Une longue ligne droite de 7 ans s’offre à nous, attirant plus de lumière que d’habitude sur le sport. A nous d’en légitimer la place à travers ses bienfaits. Paris est une fête, comme le clamait Ernest Hemingway[1], et pour nous c’est le sport qui est une fête au quotidien, une fête que nous essayons de faire rejaillir sur tous les pratiquants. Les détracteurs pensent que l’impact des JOP ne se mesurera qu’au nombre de médailles et à l’ampleur du déficit. A nous de faire changer la perception du sport aux yeux des décideurs, pour qu’il ne soit plus vu comme une variable d’ajustement budgétaire ou comme un outil de distraction des masses, mais plutôt comme un formidable catalyseur de bienfaits pour l’ensemble de la société, une société qui traverse péniblement la crise économique. Certains préféreraient que l’investissement dédié aux JOP se fasse au profit de l’emploi. Mais c’est négliger une autre crise que subit notre société, une société en manque de repères, fracturée, touchée par l’isolement social et la sédentarité.

C’est précisément sur ces enjeux que le sport peut devenir un levier capital. Sur un terrain de sport, on s’amuse au-delà des divisions, des religions, du genre, de la couleur de peau ou de l’orientation sexuelle. Tel est le modèle français que nous devons chercher à préserver pour que ces belles paroles ne deviennent pas de vains maux. Le communautarisme n’est pas une fatalité. En partageant nos idées, nous pouvons porter des solutions à grande échelle et en faire profiter des millions de français.

Tous ensemble nous sommes plus forts

Les restrictions économiques et la baisse des aides publiques tendent à opposer les disciplines sportives et les fédérations associées pour préserver sa subvention aux dépens des autres. Et pourtant, comme dans L’âme du monde de Frédéric Lenoir, c’est en cherchant non pas nos différences mais nos points communs, non pas ce qui nous distingue mais ce qui nous rassemble, que nous pourrons légitimer la place du sport et augmenter son impact grâce à un socle commun de bonnes pratiques.

Frapper dans un volant n’a rien à voir avec lancer une balle. Mais quelle que soit notre discipline, nous pouvons intégrer des notions de citoyenneté, de développement durable, d’alimentation saine, d’hydratation, dans notre pratique quotidienne, dans son apprentissage, et ainsi assurer une continuité avec les autres sports. Faisons de nos encadrants de véritables acteurs de l’éducation des enfants pour ne pas oublier que dans « éducateur sportif », il y a éducateur.

Un colloque pour nous réunir et inspirer

En discutant régulièrement avec des dirigeants de club sur l’intégration de ces thématiques dans leur projet associatif, on entend parfois qu’elles sont déconnectées, que les adhérents sont devenus des consommateurs venus pour se défouler et non pour entendre parler de transmission de valeurs, qu’il n’y a plus de bénévoles, que ces projets ont un coût. A nous de faire la preuve que ces projets sont réalisables, simples à monter, bénéfiques pour tous et créateurs d’une cohésion forte à travers une nouvelle conception de l’association : une association au carrefour des champs du quotidien, inclusive, émancipatrice et épanouissante. Nous n’avons pas vocation en tant que fédération à faire de l’ingérence dans les clubs, mais seulement à inspirer.

Le constat suivant est à l’origine de ce colloque :

Les enjeux dont le sport est porteur sont immenses, mais demeurent sous-estimés par la plupart des responsables politiques, des leaders économiques, des médias et des dirigeants sportifs eux-mêmes.[2]

Et pourtant, comme M. Jourdain, beaucoup font déjà du développement durable sans le savoir. Certains font de l’éveil à la citoyenneté dans le savoir. Dans beaucoup de clubs, des actions voient le jour pour créer du lien, pour donner du sens à chaque moment de la pratique, pour mieux vivre ensemble, pour faire ensemble. C’est ce que nous souhaitons illustrer à travers ce colloque. Notre propos ne sera pas de dire que le sport est la panacée. Mais par une prise de conscience collective de l’immensité du potentiel du sport de la part de tous les acteurs, dirigeants, joueurs de tout niveau, éducateurs, politiques, financeurs, médias, nous pouvons en faire un levier puissant pour la construction d’une société meilleure.

[1] A moveable feast, 1964.

[2] Le pouvoir du sport, J. Jappert et M.-C. Naves, 2017.

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