A2S18 : manifeste pour un réveil du peuple français

On a parlé des « affaires », on a parlé de la personnalité des candidats voire de leur conjoint. Mais à force d’oublier l’essentiel, on se retrouve dans la pire situation. Celle où l’extrême droite est aux portes du pouvoir dans l’indifférence générale. Pour une fois, il n’est pas question de sport. Il est question d’appeler haut et fort au réveil de notre peuple.

Aujourd’hui, 1er mai, le Front National défile, comme tous les ans. Mais cette année, le défilé sera porté par le souffle de la fierté pour les inconditionnels du FN. En face, on a plus entendu les partisans du « ni le banquier, ni la fasciste » et de la théorie du complot que de réels appels à sauver l’honneur de la France. N’en déplaise à certains, la France a une Histoire, complexe, faite entre autres de périodes d’obscurantisme et de Lumières. Ceux qui aujourd’hui ne voient pas le péril Le Pen ont oublié les premières et nient l’importance des secondes. Alors même si la suite n’est que le reflet de mon point de vue, je considère cela comme mon devoir de citoyen.

Les causes de la crise

La crise économique a bon dos. Elle a surtout mis en lumière l’échec de la classe politique actuelle à répondre aux problèmes concrets du quotidien. Dans le même temps, cette même classe a brillé dans la perpétuation de ses privilèges et dans son incapacité à comprendre le peuple. Si la fin du cumul des mandats qui sera appliquée à partir de juin ouvrira mécaniquement la porte à du sang neuf, « les affaires Fillon » ont montré à quel point nos hommes politiques étaient déconnectés de notre réalité.

Mais ils sont loin d’être les seuls responsables. Car la crise que nous traversons est avant tout sociétale. Avant de prétendre résoudre le problème des délocalisations, commençons par réapprendre à mieux vivre ensemble. C’est un préalable à toute entreprise de long terme. Et ça, aucune loi ne pourra le faire à notre place. Je n’arrive sincèrement pas à comprendre comment certains peuvent penser que c’est en se refermant sur soi qu’on trouvera des solutions. En stigmatisant une partie du peuple français (chômeurs, enfants d’immigrés) comme responsables.

Mais il est toujours plus facile de voter FN en guise de protestation contre notre classe politique que de s’investir dans des collectifs citoyens pour réfléchir ensemble. Il est toujours plus facile de dire que son voisin lui vole son travail plutôt que de se lever de son canapé pour découvrir le monde. Il est également plus facile de croire que c’était mieux avant, l’époque où on ne sortait pas de son village de toute son existence. Personnellement je pense qu’on s’enrichit davantage au contact des autres.

Alors oui il y a un chômage de masse, le fléau de l’extrémisme islamiste (et non de l’Islam). Il y a le carcan inégalitaire imposé par les dirigeants européens (et non par l’idéal européen), sans parler des excès du monde de la finance. Toutes ces choses nous échappent car beaucoup plus complexes que ce que Mme Le Pen veut nous faire croire. On ne peut pas nier les problèmes. Mais on peut choisir entre chercher des solutions ensemble ou confier notre avenir à un parti qui ne croit qu’en un peuple blanc, catholique, hétérosexuel et méritant.

La solution est dans le peuple

Il est important de développer ses propres idées et de les défendre, loin de la pensée unique des partis politiques et des tromperies des réseaux sociaux. Mais pas n’importe comment. Débattre dans le respect et non dans l’excès. Pour le bien collectif et non pour les privilèges d’une partie.

Le million de manifestants en 2013 contre le mariage pour tous était-il aussi dans la rue le 11 janvier 2015 pour défendre la liberté d’expression ? Ont-ils ouvert leur porte, de toute leur pieuse charité, aux migrants fuyant leur idéal et leur vie ? De même, est-ce que les activistes « insoumis » qui ont « assassiné » les profils numériques de Joann Sfar avaient-ils condamné Charlie Hebdo pour leurs caricatures ou étaient-ils aussi Charlie ? Enfin, que dire de ceux qui ont tout de suite rendu un hommage vibrant au policier assassiné le 20 avril et qui se sont ravisés en apprenant qu’il partageait sa vie avec un homme ?

Toutes ces marques de rejet de l’autre parce qu’il est différent sont les vraies racines du mal qui affaiblit notre peuple. Quand notre système éducatif arrivera-t-il à donner les outils (et non les armes) pour se construire en tant que citoyen, apte à réfléchir par lui-même. Emancipé de son conditionnement familial. Ouvert au monde sans toutefois se laisser manipuler par l’immédiateté de l’information et la superficialité dans laquelle certains veulent nous enfermer à dessein.

La réalité du second tour

Lors de cette élection, il tenait à chacun, en allant explorer les programmes, de se faire son opinion sur le candidat dont le projet était le plus en adéquation. Aujourd’hui, il n’en reste que deux. Comment peut-on hésiter ? Certes, M. Macron n’apparaît pas le mieux placé pour moraliser la finance, ce que son prédécesseur avait promis de faire. Peut-être poursuivra-t-il la moralisation de la vie publique. On peut, comme moi, être en total désaccord avec son projet économique. Et pourtant, il reste le garant de notre démocratie et de l’Histoire de la France, que Mme Le Pen aimerait tellement récrire à l’aune de son idéologie.

A ceux qui prévoient qu’élire M. Macron ne fait que repousser l’échéance de 5 ans, je réponds ceci. D’une, cela nous donne 5 ans pour un réveil du peuple, une prise de conscience collective que notre avenir commun ne repose que sur une implication de chacun dans la vie de notre société. Regardez les films Demain ou les figures de l’ombre, inscrivez-vous à l’AMAP du coin, impliquez vous dans une association humaniste (caritative, culturelle ou sportive), ouvrez-vous à la bienveillance pour comprendre les autres et retrouver le sourire.

Et de deux, laissons sa chance à M. Macron. Il incarne quelque chose de nouveau dans le paysage politique, de gauche et de droite, certes ENArque, certes déjà fautif au soir du 1er tour, certes jeune. Mais on ne peut pas d’un coté appeler au renouveau et d’un autre refuser le premier renouveau venu. Nous jugerons dans 5 ans, à condition qu’il prenne conscience de l’éventualité qu’il soit le dernier président de la « République Française ».

Le 7 mai, sans hésitation

Car pourquoi oublier le dernier mot de notre devise ? La fraternité ne s’arrête pas à la couleur des gens, ni à leur religion s’ils en ont une, ni au sexe de la personne qui partage leur vie. De Grande-Bretagne aux Etats-Unis (la vidéo est géniale), le monde nous enjoint de ne pas trahir nos idéaux en commettant les mêmes erreurs qu’eux. En succombant aux charmes du communautarisme et du populisme.

Alors oui, le 7 mai, je voterai pour M. Macron et s’il le faut, je passerai les 5 années à m’investir dans des associations et des collectifs pour remettre l’humain au centre des débats et travailler pour réapprendre à mieux vivre ensemble.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *