Semaine 13 : sport et migrants

Le monde traverse de nombreuses crises qui poussent les populations à se déplacer. Des millions de migrants affluent ainsi vers une Europe qui leur paraît une assurance d’un avenir plus heureux. Mais entre les difficultés économiques de certains pays européens et l’hostilité des autochtones, la réalité est loin d’être idyllique. Le sport peut toutefois être un facteur déterminant d’intégration car au-delà des cultures, le sport est universel.

La richesse du sport

De manière générale, le milieu associatif présente la vertu de rassembler des gens qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés ailleurs, voire même des gens radicalement opposés. Mais sur un terrain de sport, on ne parle pas politique ni économie, on parle le langage de la discipline pratiquée. On se passe la balle, on s’envoie le volant, on pousse ensemble dans la mêlée. C’est un lieu presque unique de mélange.

Les populations du XXIème siècle sont essentiellement sédentaires. Alors le déracinement forcé pour assurer sa survie déstabilise les êtres humains. Les migrants qui affluent en Europe à la recherche d’un équilibre viable sont perdus. Ils ont suivi un chemin au péril de leur vie pour permettre à leur famille de croire en un avenir. Arrivés dans des pays qu’ils ne connaissent pas, dont ils ne parlent pas la langue, dont la culture ne leur est pas familière, que peuvent-ils faire pour reconstruire leur existence ?

Une initiative d’un club parisien a été récemment mise en valeur dans cet article. Il n’y a pas besoin de parler français pour taper dans le ballon. Et ainsi, pour vaincre cette épreuve de l’exode, pour casser le quotidien des évacuations de camps et de recherche d’emploi, certains migrants ont pu, le temps d’une séance, retrouver un peu de leur humanité, partager avec des inconnus une expérience inoubliable. Bien sûr, cela ne résout en rien la problématique de leur avenir en France, de la pérennité de leur seconde vie. Mais c’est une porte vers l’acceptation de la situation et qui sait, vers une solution. De se sentir mieux, peut-être trouveront-ils la force d’avancer. Peut-être que sur le terrain, ils croiseront des employeurs, des agents sociaux, qui leur tendront la main.

La crise des migrants : le déclic sociétal ?

A l’image de cette initiative de volleyeurs parisiens, la solidarité est en marche, comme en témoignent plusieurs associations. La crise sociétale que nous connaissons, avec une jeunesse en perte de repères, des quartiers où le désespoir est la dernière chose qui relient ses habitants, un fossé générationnel qui se creuse inexorablement, ne pourra se résoudre que par une prise de conscience collective du fait que les seuls acteurs qui peuvent changer le cours des choses, ce ne sont pas les hommes politiques mais les français anonymes.

Nous manquons de valeurs communes, de choses qui nous rassemblent. Si les andalous se fédèrent autour de la Semaine Sainte, qu’est-ce qui nous rassemble en France, si ce n’est les performances occasionnelles de nos équipes sportives. Prendre conscience qu’on peut agir sur le bien-être des gens qui nous entourent, familiers ou inconnus, est un premier pas vers une reconstruction. Une société altruiste est unie. Les événements qui ont choqué toutes les personnes censées en 2015 (et désormais aussi en 2016) peuvent être synonymes d’un nouveau départ. Que ce soit au service des migrants, des personnes à mobilité réduite, des familles en difficulté, nous pouvons tous agir et faire le bonheur des autres nous aidera à surmonter nos propres difficultés. Le sport ne connaît pas de langues, ne se base pas sur des origines sociales, mais peut devenir le centre d’une solidarité collective.

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