Semaine 9 : ces petites habitudes qui dérangent

Le sport contribue à l’éducation de la jeunesse, c’est l’une de ses principales missions. On s’attend donc à ce que l’image véhiculée par les différents sports soit exemplaire pour transmettre les bonnes pratiques au jeune public. Malheureusement, certaines mauvaises habitudes peuvent très vite se répandre.

Les inconvénients de la médiatisation

Commençons par le sport le plus exposé médiatiquement : le foot, dont les travers sont de fait plus faciles à identifier. Le terme de « mauvaise habitude » ne se rapporte pas aux écarts de comportement évoqués par ailleurs mais plutôt à des faits de jeu qui pourraient être évités et ainsi faire regagner au football quelques lettres de noblesse.

Prenons par exemple cette tendance qu’ont certains joueurs (ne généralisons pas) à exagérer les fautes commises (ou prétendument commises) sur leur personne, enchaînant roulades et cris à la manière des grandes tragédiennes, pour, une fois la réparation obtenue (c’est-à-dire un coup franc voire un carton), se relever comme si de rien n’était. Au-delà du caractère risible, ce n’est pas bien grave, si ce n’est que cela encourage à feindre pour obtenir ce que l’on veut, même si ce n’est pas moral. Il en va de même des petits jeux de gagne-terrain entre le lieu de la faute et le lieu effectif du coup franc …

Ce qui est plus grave en revanche, c’est la propension qu’ont d’autres (voire les mêmes, voire beaucoup) à se précipiter vers l’arbitre à chaque coup de siffler pour lui notifier qu’il a tort. La contestation est devenue aussi naturelle que le dribble, alors que l’arbitre est là pour garantir l’équité et le bon déroulement de la rencontre. Ces jeux d’influence sont néfastes au jeu et à l’image donnée aux plus jeunes, qui se font un plaisir de faire de même dans les matches du week-end. D’un autre côté, le caractère déshumanisé de certains arbitres de L1 n’est pas vendeur non plus. Différentes études tentent d’expliquer pourquoi les hommes en noir (même s’ils sont de toutes les couleurs) apparaissent aussi froids : peur de l’agression verbale, peur de se tromper, influence d’expériences passées, … à quand un arbitre pédagogue qui expliquera avec le sourire qu’en vertu de la loi X (il n’y en a quand même que 17), il y a faute.

Cela arrivera peut-être le jour où le public arrêtera de crier « arbitre, enc*** » dès qu’une décision ne va pas dans le sens de leur équipe fétiche. Que le sport permette de se changer les idées, d’avoir un repère hebdomadaire pour lutter contre l’ennui ou les aléas de la vie, est une bonne chose en soi. Mais qu’il devienne le lieu où chacun, totalement désinhibé, donne une importance démesurée au résultat du match à tel point qu’il en vient à menacer l’intégrité de l’acteur indispensable qu’est l’arbitre, c’est incompréhensible. D’autant plus que pour certains, c’est une de ces petites habitudes dont ils ne se rendent plus compte. C’est aussi anodin que de dire bonjour à son camarade supporter.

Dans une discipline, chacun participe de l’image globale : joueurs, corps arbitral, entraîneurs, supporters … pour arriver à une exemplarité absolue, il faut que chacun prenne conscience de son rôle dans la grande famille du sport.

En passant, on remarquera que le rugby, bien que succombant aux mêmes sirènes vénales que le football, bénéfice encore d’une certaine exemplarité de ses joueurs. Certes, il arrive que quelques marrons partent mais il y a un respect absolu envers les arbitres et le public, généralement conscient que l’ensemble des acteurs du stade ont le même but, offrir du spectacle, ne siffle pas les tentatives de pénalité adverses.

A chacun ses mauvaises habitudes

Arrêtons de taper sur le foot et passons à d’autres sports. Commençons par le tennis. Qui n’a jamais été exaspéré par le nombre de rebonds de la balle jaune avant le service de Rafa ou Djoko ? 5 fois pour focaliser la concentration OK, mais 20 ? Heureusement, ils se sont un peu calmés. Maintenant, ce sont les serviettes. A chaque point, on hèle le ramasseur de balles (qui comme son nom l’indique n’est pas le grouillot de service), on s’essuie son petit visage humidifié par l’effort d’un échange à 2 coups, et on balance la serviette à la tête de celui qui n’est toujours pas là pour ça. Indigne …

Dans un registre plus léger, on ne peut pas passer sur … les cris des joueuses. De Monica Seles à Maria Sharapova, il y a de quoi rire. Mettez la vidéo de cet article et fermez les yeux. Avouez que c’est drôle …

Restons dans les sports de raquettes. Au badminton, une habitude récente mais très désagréable concerne le renvoi du volant. La tradition veut que lorsque le volant a touché terre de mon côté et que j’ai perdu le point, je renvoie le volant à mon adversaire. Et bien la mode est désormais de renvoyer le volant juste de l’autre côté du filet, comme pour dire « c’est bon, il est de ton côté, tu vas pouvoir te baisser pour le ramasser » … je ne vois pas là un bon exemple à transmettre.

On pourrait aussi parler des jets de bidons vides des cyclistes le long des routes des courses. Même si de gentils bénévoles passent derrière, il y a peut-être quelque chose à faire de ce côté-là.

Et pour finir, un petit tour par l’athlétisme et sa discipline reine, le 100m. Compte-tenu de la très courte durée de la course (autour de 10s), le spectacle se joue … avant. La présentation des coureurs se transforme en un défilé de pectoraux gonflés, de moues arrogantes, … il est loin le temps où ce moment était consacré aux manifestations de joies des coureurs, tellement contents d’être là …

Bref, mobilisons-nous pour un sport exemplaire, où les habitudes, comiques ou immorales, finissent dans l’armoire à trophées 😉

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